Chapitre 1 - 5 mai 2010

 

Agathe est connectée sur une messagerie, sur un compte créé pour dialoguer secrètement avec Jérémy, il lui envoie un message après avoir accepté son invitation.
– Coucou. Merci pour la jolie lettre, Florencedesiles.
– Quelle lettre ?
– Celle où tu me dis plein de gentillesses, où tu me dis que je ne la lirais pas.
– Ah noooon... !!!
– Ah si. Mais ça m’a flatté que tu penses tout ce bien de moi. J’en ai autant pour toi.
– Je ne sais plus quoi dire. On peut parler d’autre chose ?
– Si tu veux. Mais je veux te dire que toi aussi tu as égayé mes vacances et que je me suis beaucoup amusé avec toi.
– C’est gentil. Et donc, ça a été le retour ?
– Oui, j’ai retrouvé ma femme, je l’ai câlinée plusieurs jours. C’est à peine si j’ai pas dormi contre elle.
– Ta femme ? Oo ?????? Elle écarquille les yeux en relisant le message.
– Elle s’appelle Tama. Je lui ai parlé de toi, et au sourire que j’avais en lui parlant de notre dernière nuit, elle m’a dit que je devais venir te revoir.
– Qu’est-ce que tu racontes, Jérémy, je ne comprends rien et c’est pas drôle, tape-t-elle sur son clavier en s’y reprenant à plusieurs fois dans son énervement.
– Relax, Bella, c’est de ma batterie que je te parle.
– N’importe quoi !!! continue-t-elle, furieuse.
– Arrête de bouder, c’était une blague.
– De mauvais goût, tape-t-elle, la bouche pincée.
– Qu’est-ce qu’il y a Bella ?
– Rien, je suis rentrée et voilà. Le moral est retombé, je m’énerve pour un rien. Désolée.
– Tu veux que je t’appelle ?
– Je ne veux pas te déranger.
– Tu ne me déranges pas, tu sais bien, Bella.

Le téléphone d’Agathe sonne. Elle appuie nerveusement sur le bouton vert pour prendre l’appel.
– Alors ma petite Bella, on fait la tête pour une petite blague ?
– C’était pas drôle ! 
– J’aurais quand même voulu voir ta tête, répond-il en s’esclaffant.
– Si t’avais été en face de moi, je crois que je te giflais !
– Mais quelle violence ! Pourquoi ? Parce que je t’aurais caché une femme ?
– Oui, je t’aurais giflé pour elle, parce que je ne supporte pas le mensonge.
– Ne t’inquiète pas, il n’y a vraiment personne d’autre à part ma Tama, mais elle, je la connais depuis toujours. Et oui, ma femme en était jalouse. Elle me disait que je la soignais plus qu’elle.
– A ce point ?
– La musique est ma passion, Bella, et j’ai besoin de jouer un minimum d’heures par jour, pour m’entraîner, pour me sentir bien. Elle ne le comprenait pas toujours. Je suis dessus depuis mon retour, je n’en pars que pour manger et dormir. Ce n’est pas facile de vivre avec un musicien, tu sais.
– Je me doute oui. Il y a des discordances dans tous les couples.
– Et toi ?
– J’ai repris le boulot. Voilà. Je n’aime pas ce boulot alimentaire, donc, je ne peux pas y aller avec le sourire.
– C’est sûr. Et le reste ?
– Rien n’a changé. J’ai retrouvé mes enfants, ils ne me lâchent plus.
– J’aurais une maman comme toi, moi non plus je ne la lâcherais pas, je crois même que j’aurais repris le sein…
– Dis ! 
– Quoi ? Tes seins sont non seulement magnifiques, mais doux au toucher… J’y pense souvent, tu sais.
– Arrête, je suis en pleine rue, lui rappelle-t-elle, se sentant rougir.
– Et toi, tu penses à notre nuit ? Susurre-t-il.
– Souvent, oui.
– En plus, tu as aimé, à ce que j’ai compris dans ta lettre.
– Honnêtement ? J’ai adoré, oui. J’ai jamais eu une nuit comme ça.
– Et moi, j’ai aimé te donner du plaisir comme ça.
– Tu en as eu aussi ?
– Beaucoup Bella, tu n’as pas vu ?
– Sais pas, j’étais plus dans mon état normal.
– Et si je te dis que je commence à me tendre en repensant à tout ça, ça te rassure ?
– C’est vrai ? Demande-t-elle, incrédule.
– Bien sûr, Bella, tu crois que je t’ai donné mes coordonnées pour quelle raison ? J’ai envie de te revoir, moi, que tu me fasses encore vibrer.
– Jérémy, je sais pas… Attends, je vais m’isoler.
Il rit.
– Je te mets dans tous tes états, Bella ?
– Déjà, je n’ai pas l’habitude de parler de ça au téléphone, c’est sûr et encore moins avec un amant qui m’explique comme je l’ai excité.
– Eh bien habitue-toi. On se voit quand ?
– C’est direct ça ! 
– Tu me connais maintenant, tu sais bien qu’avec moi, c’est cash.
– Je ne sais pas pour te répondre, hésite-t-elle.
– T’en as envie au moins ?
– Bien sûr, oui. Mais t’es sûr que c’est une bonne idée ?
– Pourquoi ? T’as peur de la réaction de ton mari ?
– Non, c’est pas ça, je m’en fous. C’est entre nous deux. On ne sera plus en vacances, ce sera différent. On ne sera plus dans le charme de la détente et du dépaysement.
– Oui, ce sera mieux.
– Qu’est-ce que t’en sais ?
– Parce qu’on a pris le temps de se découvrir la première fois, et maintenant qu’on a déjà apprécié, tu auras moins de réserves avec moi et nous nous amuserons encore plus.
– Je sais pas.
– De quoi t’as peur, Bella ? Sois honnête, on est entre nous.
– J’ai peur de ne pas assurer, Jérémy, tu m’as tellement donné, c’était tellement…
– Justement, tu ne veux pas continuer ?
– Mais je ne sais pas te donner autant, moi ! 
– Tu m’as donné énormément, mais tu ne le réalises même pas. Tu m’as fait confiance, tu t’es donnée à moi pour le plaisir comme ça, et tu étais si belle quand tu étais abandonnée à mes caresses… J’étais fou, Bella, c’est comme quand on dansait tous les deux, tu te laissais aller et nos corps se coordonnaient exactement. C’était si bon…
– Tu me flattes Jérémy, merci.
– Non, merci à toi pour cette nuit. C’est la première fois qu’une femme me demande autant de choses dès la première fois. J’ai envie de recommencer.
– Tu veux me revoir parce que je t’ai demandé ça ? Sympa de savoir que tu me prends pour une traînée qui aime le sexe.
– Ca n’a rien à voir Agathe. Tu m’as expliqué la situation et je suis heureux que tu m’aies demandé à moi de te faire l’amour. Je n’y aurais jamais cru.
– Désolée, je n’aurais pas dû dire ça.
– Je ne te vois pas comme une traînée, Bella, mais comme une femme à qui on n’a pas fait l’amour correctement. Tu l’as dit dans ton courrier.
– Oui.
– Alors, tu veux qu’on se voie ? Si tu ne veux pas qu’on fasse l’amour ce jour-là, on ne le fera pas.
– T’es adorable, Jérémy, je ne vais pas te demander de venir pour que tu te l’accroche derrière l’oreille.
– Alors accepte de passer un moment seul à seul avec moi. On fera ce que tu voudras. Je ne te demanderai rien.
– La semaine prochaine, prends un hôtel à Liège. Je m’arrange pour me libérer.
– Hummm... Je sens que je vais beaucoup penser à toi... Prends ta petite robe fleurie
Agathe rit.
– Tu as deviné que je l’ai achetée pour toi ?
– Je m’en doutais un peu. Tu es très jolie dedans et je t’aurais bien fait l’amour avec.

Le week-end est vite arrivé. Agathe a annoncé à Pierre une journée de travail imprévue, qui se terminera par une soirée entre collègues. Elle a prévu de dormir chez son amie Charlène. A l’hôtel, elle est assez intimidée par l’ambiance feutrée et les gens qui circulent, craignant d’être reconnue. Son cœur bat la chamade. Elle marche gauchement, nerveuse à l’idée de le revoir. Elle passe la main dans ses cheveux pour les discipliner avant de tourner la tête vers Jérémy qui l’attend à la réception. Il lui sourit pour la rassurer.
– Tu veux qu’on aille se promener ? propose Jérémy après l’avoir embrassée sur la joue.
– Oui, c’est une bonne idée, répond Agathe, du tac au tac.
– Où va-t-on ?
– Aucune idée, je n’ai pas réfléchi à ça.
– Tu veux aller en forêt ? Il fait beau, ça pourrait être sympa.
– Tu connais la Belgique, t’as vu quoi ?
– Bruxelles, la nuit.
– Alors je t’emmène à Verviers, ils ont des jolies forêts.
– On fait toujours comme si t’as pas de famille avant que je te demande des nouvelles ?
– Oui s’il te plaît.
– OK. Si tu veux qu’on soit seuls au monde, on peut rester dans cette chambre. Je serais sage, même si avec cette petite robe… lui murmure-t-il à l’oreille en lui montrant son entrejambe.

Elle l’entraîne sans un mot vers l’ascenseur et appuie sur le bouton pour monter. Durant l’ascension, elle l’embrasse en caressant son jean, cherchant à déboutonner le pantalon.
– Bella ! Je ne vais pas tenir mes promesses ! 
– Quelles promesses ? J’ai envie de toi moi aussi, lui murmure-t-elle à l’oreille.
– Hum ! Répète-le ?
Leurs baisers sont plus enflammés. La porte de l’ascenseur puis celle de la chambre ouvertes plus rapidement l’une que l’autre, il la regarde avec des yeux brillants. Ses mains se posent sur ses seins.
– Laisse-moi leur dire bonjour.
Elle frémit, n’osant le regarder. Elle ouvre les boutons du corsage de sa robe pour lui montrer l’absence de lingerie. Elle laisse glisser son pardessus derrière son dos.
– Coquine ! S’exclame Jérémy avec un air gourmand.
Sa main descend sous sa robe, caressant sa cuisse pour remonter vers son intimité.

Lorsqu’il se couche sur le côté, il la regarde, contrit.
– Je suis désolé, j’ai pas utilisé de capote, mais j’ai perdu la tête, et j’ai… J’ai plus pensé. Je ferais un test si tu veux. Je n’ai pas eu de rapport non protégé depuis ma femme à part avec toi… Maintenant.
Elle lui sourit en lui caressant la joue.
– Je t’ai fait perdre la tête ?
– Tu ne réalises pas, Bella… Tu m’as rendu fou là. En plus, tes seins nus sous cette robe, toi qui viens comme ça… Pfff ! J’aurais perdu la tête n’importe où !
Il se colle contre elle.
– Tu es au top aussi, Agathe, vraiment.
– Arrête, je ne savais plus quoi dire avec cette lettre, tu ne devais pas l’avoir, je ne sais pas ce que j’ai cafouillé.
Il sourit.
– Ne t’inquiète pas… Je l’ai gardée précieusement. Et sincèrement… Moi aussi j’en ai autant à ton propos.
– C’est vrai ?
– Tu n’as pas remarqué tout à l’heure ? Tu crois que toutes les femmes arrivent à faire ça ?
– Oui. Je ne sais pas.
– Je te rassure, pas du tout. Ça fait longtemps que je n’avais pas eu un rapport d’une intensité pareille, ma belle.
Elle rougit.
– On recommence ?
– Doucement, je ne suis qu’un homme ! lui répond-il en riant, tu ne veux pas qu’on aille se doucher avant ? J’ai bien envie de t’entendre crier encore… Juste en utilisant ma langue.

Le lendemain, dans l’après-midi, elle lui envoie un mot via son compte.
« Mon cher Jérémy,
Merci merci merci. J’ai passé un week-end formidable. Je craignais qu’on ne se retrouve pas comme en Italie mais ça a été encore meilleur, comme tu as dit. Ça m’a donné une impression de retour à nos vacances, où on se retrouvait le soir et qu’on parlait, de tout et de rien. Et c’était bien. Surtout que maintenant, j’ai l’avantage de pouvoir faire l’amour avec toi. J’ai aimé dormir avec toi. Je n’avais plus fait ça depuis longtemps, dormir avec un homme qui se préoccupe de moi et qui m’embrasse le matin pour me dire bonjour. J’aimerais vraiment qu’on recommence, mais tu le sais déjà.

PS : j’ai pris une pilule du lendemain, pas de soucis de ce côté-là non plus.
A très vite,
Agathe »
Envoyé le 15 mai, 16 h 51

 
2. 5 JUIN 2010

 

Agathe surfe sur Internet quand elle aperçoit la fenêtre de connexion de Jérémy.
– Hello Jérémy !  Il faut que je te raconte, j’ai vu Giulia et Tito ce week-end.
– Ah oui, ça je veux l’entendre en live ! Je peux t’appeler ?
– Ah, ben, si tu veux.
– Alors comment va le Duce ? T’as dit qu’on est restés en contact ?
– J’ai fait mieux. Je lui ai donné ton numéro, il descend du côté de Cannes, je me disais que tu voulais le voir et lui faire découvrir la ville, explique Agathe, d’une voix moqueuse.
– Il pourrait m’apprendre à parler aux femmes pourquoi pas ?
– Il fait mieux que ça, il les dresse et sans fouet.
– Quel talent ! Je reste admiratif des techniques que j’ai vues pendant les vacances.
Elle pouffe.
– Il a un peu de mal à faire comprendre à Giulia que son fils est amoureux d’un homme, mais bon, elle n’a pas le choix, ils vont se marier.
– Son précieux Alessandro est makoumé ? Il éclate de rire.
– T’avais pas compris ? C’est pas gentil, Jérémy.
– Non, désolé, mais c’est la meilleure celle-là, elle qui voulait tant qu’il lui ramène une femme, elle va pouvoir attendre longtemps. Et toi, tu viens quand ? Je vais voir si je sais bien te parler comme le Duce.
– Je ne sais pas Jérémy, c’est une question de budget aussi, ça coûte cher ces voyages.
– Je monte bientôt sur Paris pour le boulot. Tu pourrais me rejoindre ? Tu mettras une jolie robe, une qui met tes seins en valeur. Fais-moi plaisir... Je pense encore à notre dernière nuit. Viens me voir, s’il te plaît, j’ai envie de prendre une douche avec toi.
– Je ne sais pas Jérémy. C’est pour un concert ?
– Oui, on y passe deux jours.
– Je vais prendre des billets alors, et demander à mes parents de garder les enfants.
– Merci Bella. Ne choisis pas d’arriver trop tôt, on va répéter pas mal en journée.
– J’irais me balader, c’est pas grave. C’est quand ?
– 9 et 10 juillet. Je vais dire au manager que je viens accompagné, comme ça, tu pourras manger avec nous.
– T’es sûr ? Je sais pas si c’est une bonne idée de me montrer en public avec toi.
– Je dirais que tu es une amie, comme ça, tu auras une place VIP pour profiter de la soirée pendant que je joue si tu veux rester au calme.
– Si tu veux, je ne sais pas, hésite-t-elle.
– C’est un moment de plaisir, Agathe, tu viens, je joue, on se détend, on passe un bon moment tous les deux, rien de plus, d’accord ?
– Oui oui.
– Si tu préfères ne pas venir, tu me le dis et on oublie.
– Non ! J’ai pas dit ça ! 
– Alors détends-toi. Et vas choisir une jolie robe qui va encore me faire baver. Je te la rembourserais.
– Quel budget ?
– Aucune idée. Ne me ruine pas si tu veux que j’aie encore de l’argent pour revenir te voir...

« Mon cher Jérémy,
Merci pour ce week-end inattendu. Je ne t’enverrais pas cette lettre, ou si, je n’en sais rien encore. Je suis… Perturbée. Pleine de plaisir et de délices. Tu es un amant formidable. Non, je ne pense pas qu’à ça, parce que j’ai aimé aussi danser avec toi. Cette soirée était géniale, j’ai vraiment passé un bon moment et je suis contente d’être venue te rejoindre. J’ai adoré danser à nouveau contre toi, te sentir me tenir et me murmurer des choses à l’oreille. Mais je commence à y prendre goût ! Attention ! Tu me fais passer des super moments, comme pendant ces vacances, et du coup, je n’ai qu’une idée, c’est te revoir au plus vite. Tu te rends compte qu’on s’est fixé un rendez-vous pour le mois prochain ? C’est pas sérieux tout ça, Jérémy. Je sais, tu vas me dire qu’on profite, sans prise de tête, mais bon… Je ne sais pas. Il faut penser à l’avenir. Même si toi, tu vis au jour le jour et que tu t’en fous. Tu me dis qu’on n’a qu’à s’amuser comme ça, tranquillement, sans penser au lendemain. J’ai l’impression de te monopoliser et que tu passes tes week-ends libres avec moi au lieu de les passer avec des nanas avec qui tu pourrais avoir un avenir. Je ne veux pas que tu te sentes prisonnier de notre relation Jérémy. Je vais te l’envoyer cette lettre, parce que je crois qu’il faut quand même que tu saches tout ça.

PS : je suis dans le Thalys du retour, presque arrivée.
Agathe »
Envoyé le 10 juillet, 20 h 10

 
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