Les meilleures ennamies

 

Ennamies

 

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   Tout a commencé quand ma maîtresse a décidé de déménager. On était un peu à l’étroit, mais on était toutes les deux, elle ne s’occupait que de moi, son petit chat préféré. Un jour, un homme est venu, l’a aidée à porter ses affaires, puis m’a mise dans un panier en plastique, et me voilà partie, avec des doigts qui passent dans la grille pour me rassurer, de temps en temps. Je dors d’un œil, à l’affût de ce qui m’attend. Je suis dans une boîte qui fait du bruit, et qui se déplace. Pas l’habitude de ça moi. Je pleure, où est-ce qu’elle veut m’emmener encore ? Elle ne va pas m’avoir aussi facilement la maîtresse, elle m’en a déjà fait des coups comme ça… Elle me lâche dans un endroit inconnu, plein d’odeurs assez bizarres. Y’en a une, plus forte que les autres, d’une bête. Laquelle, je n’arrive pas encore à l’identifier. Il faut que je reste sur mes gardes tout de même. Nouvelle maison, nouveaux habitants, apparemment, dont des habitants à quatre pattes. J’aime pas mes congénères. Je suis un chat mysan-autres-bêtes, c’est comme ça. J’explore un peu les lieux, puis je mange ce qu’elle me donne, et bois quelques lampées d’eau fraîche. Je ne bois que de l’eau fraîche. C’est meilleur pour mon poil.

   Après quelques jours, je suis obligée de descendre l’escalier, parce que dès que j’allais au bac, là où il était, j’entendais les deux me crier dessus quand je faisais mes besoins. Est-ce que je leur dis quelque chose quand ils font aller la chasse d’eau moi ? J’ai fait le gros dos, façon de parler, en ignorant ce qu’ils disaient. De toute manière, je ne comprends pas grand-chose à ce qu’ils racontent dans les détails, mais au ton de leur voix, je comprends bien que ce ne sont pas des gentillesses qu’ils me racontent. Ma maîtresse, toujours pleine d’idées, surtout pour me rendre la vie plus difficile, a descendu mon précieux bac. Pour aller faire ma petite commission, maintenant, je dois donc faire attention en descendant, de ne rien rencontrer, surtout pas cette énorme boule de poil, qui a un nez plus gros que le reste, qu’elle présente à tout vent. Et puis quand elle arrive, on n’entend qu’elle… Comment ça peut exister des bestioles pareilles ? Quand je pense qu’ils me mettent en sa présence dès qu’ils le peuvent. J’en veux pas de ce machin moi ! Laissez-la au jardin !

   La bestiole dont le chat parle, c’est moi, Myrtille. Je suis un bouvier des Flandres, de 35 kilos. Mon papa surveille mon alimentation, je suis dans les critères de beauté classiques des chiens. Je vivais tranquille dans mon jardin et sur mon tapis quand ce chat est arrivé chez moi. D’ordinaire, les chats,
j’ai le droit de les chasser. Y’en a pas un qui passe dans mon secteur, et s’ils passent devant ma maison, ils sont au pas, parce que je leur rappelle qui commande ici. Celui-là, j’ai pas le droit de le toucher, pas le droit de le sentir, rien. Dès qu’il me voit, il me souffle dessus, et me miaule des trucs incompréhensibles, mais vu son air pas aimable, je comprends bien que ce ne sont pas des gentillesses. Le plus drôle dans cette affaire, c’est que ce minuscule pit-bull, je peux le croquer d’un coup de dents, elle est minuscule en plus ! Ça existe, des chats toy ? La nouvelle organisation est la suivante ; quand je suis au jardin, le chat descend, se promène dans la maison pendant que je la surveille de dehors. Sinon, elle est en haut et moi en bas. Personne ne se côtoie.
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