Cousins et plus ?

 

cousins

 

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Ces vacances d’été, Chimène les passe chez son cousin, Stéphane dans sa grande demeure familiale. Il est veuf depuis peu, elle est assez proche de lui, elle lui a proposé de venir lui tenir compagnie durant ses vacances. Elle a dix-sept ans, elle n’a pas cherché de job étudiant pour venir s’occuper un peu de lui. Elle aime la région, il y a de belles promenades à faire. Elle a pris ses chaussures de randonnée et tout l’équipement. Ils iront pique-niquer sur les hauteurs de la ville, comme ils le faisaient quand elle était petite. Aujourd’hui, son cousin travaille, il rentrera tard à cause d’une réunion lui a-t-il dit.
— Profite de ta journée, après, je ne me consacre qu’à toi
Il ne fait pas très beau, elle n’a pas envie de sortir. Elle vient de se boire un petit café après son repas. Elle se demande quoi faire. Faire les magasins seule, elle ne trouve pas cela très intéressant. Elle a regardé un peu la télé, mais s’est vite ennuyée. Elle va fureter un peu dans la bibliothèque, à la recherche d’un livre qui l’occupera quelques heures, en attendant que son cousin rentre. En général, elle les dévore à grande vitesse. Son œil est tombé par hasard sur un livre particulier, qui a une côte identique aux autres, mais sans titre. Elle l’a tiré à elle et ouvert. C’est un livre creux, contenant des lettres. Elle s’est installée dans l’un des canapés de la bibliothèque et commence la lecture de la première en la survolant rapidement, sans vraiment en saisir la teneur. Une lettre d’amour, c’est adorable.

« Le 6 septembre 1989,
Mon tendre amour, mon Roméo,
Je peux t’appeler ainsi puisque notre histoire est comparable aux Capulet et aux Montaigu. Nos familles ne voudront jamais nous laisser nous unir pourtant je n’imagine pas la vie sans toi.
Ne t’inquiète pas pour moi, je vais bien. Mes parents ont hurlé, m’ont posé beaucoup de questions mais je n’ai rien dit. Je ne trahirais rien concernant notre amour. Tu remercieras ton ami de Marseille pour son aide, je n’aurais pas supporté de ne plus avoir de nouvelles de toi. Dès que je pourrais sortir, je lui achèterais un souvenir des States pour sa collection. Les cours sont longs et ennuyeux. Je ne trouve rien à dire aux filles qui sont ici, elles sont fades et ne comprennent rien à la vie.
Raconte-moi ton quotidien là-bas, toi qui es si loin de moi. N’oublie pas que je t’aime plus que tout et que je n’attends qu’une chose, c’est de terminer mes études bien vite pour te retrouver. Chaque leçon apprise est une leçon qui me rapproche de toi. Je dois te laisser mon amour, le couvre-feu passe et le courrier part demain. Je voudrais que tu aies cette lettre très vite,
Ta Juliette qui t’aime »

Elle ouvre la lettre suivante, intriguée par ce début. L’écriture est différente.

« Le 10 octobre 1989,
Mon aimée, Ma Juliette,
Je rêve de caresser ton corps, si beau, si réceptif à mes baisers. Ici, tout va bien, j’étudie, je fais du sport et le soir, je pense à toi. Beaucoup. Trop. Je relis ta lettre pour rester un peu près de toi. Mon père m’a menacé de me déshériter mais je n’en ai rien à faire. Tu es la seule qui compte. Et le jour où nous nous retrouverons. Je voudrais t’emmener loin d’eux, loin de leur incompréhension et leurs impératifs sociaux. Nous n’avons pas fait exprès de tomber amoureux mais je ne regrette rien. Je voudrais vite retrouver tes bras, ma douce cousine. J’ai réussi à emmener une photo de toi, cachée dans mes bagages. Elle est près de mon cœur, elle ne me quitte pas. Je vais terminer ici, on m’appelle pour manger.
Je pense à toi.

Ton Roméo »

Elle en ouvre une autre, il s’agit donc de cousins qui sont tombés amoureux. C’est sûr que dans une famille, c’est un peu gênant. Mais bon, on ne contrôle pas toujours ses sentiments.

« Le 3 décembre 1989,
Mon doux Roméo,
J’ai tardé à te répondre, je m’en excuse. La raison en est simple, enfin comment te le dire sans te choquer ? J’ai eu quelques problèmes de santé. Je doute que tu en aies entendu parler, même en France parce que mes parents font le nécessaire pour étouffer l’affaire. J’ai changé d’établissement pour que tout se déroule pour le mieux. Je suis maintenant au couvent des sœurs de la charité qui héberge les jeunes filles en difficulté. Les filles perdues comme elles les appellent ici, elles sont un peu vieux jeu. Un répétiteur vient s’occuper de mes cours. Je suis suivie régulièrement par un médecin. Ne t’inquiète pas mon chéri, je vais bien, je vais juste donner naissance à un miracle, notre bébé, le fruit de notre amour. Je ne sais pas si mes parents ont prévenu les tiens. Ils avaient l’air de bien s’entendre pour nous séparer depuis que ta sœur nous a découverts. Aujourd’hui, je ne sais plus rien, ils ne me disent rien, j’ai à peine des contacts téléphoniques pour se préoccuper de la santé de notre bébé. J’espère que cette nouvelle ne t’a pas trop ébranlé. Ne t’inquiète pas, tout va bien.

Je t’aime, ta Juliette »

Elle relit la lettre une fois, la fille est enceinte ! Mais ça change tout ! Et donc, le cousin a une sœur.. Un indice, mais elle ne parvient toujours pas à avoir une piste sur le mystérieux Roméo et encore moins la Juliette cachée. Elle prend la lettre suivante.

 

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